Les Tropes : qu’est-ce que c’est ?

décembre 19, 2019 6 minutes Aucun commentaire

Les Tropes : qu’est-ce que c’est ?

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Hello !

Après plusieurs mois de silence, le blog va tout doucement retrouver son activité, avec comme d’habitude un article sur l’écriture le jeudi, dans un premier temps. Dans un second temps, l’article athématique du lundi reviendra aussi, mais je veux d’abord me concentrer sur les conseils qui concernent l’écriture !

Et aujourd’hui, pour reprendre, je vais te parler des tropes, parce que c’est ma découverte de fin d’année, que je trouve ça passionnant et que je pense que ça peut t’intéresser aussi ! Alors… Allons-y !

Qu’est-ce qu’un trope ?

Les tropes sont des procédés narratifs, des schémas, des structures, des patrons bien définis, qui constituent les briques nécessaires à la création d’un récit.

Il faut savoir que les êtres humains sont naturellement des raconteurs d’histoires, qui maîtrisent tout aussi naturellement de telles structures. Nous utilisons ces histoires pour communiquer des émotions, des vérités, examiner des idées, imaginer un futur, un univers alternatif…

Pour faire cela, nous avons besoin d’une base, d’une sorte de langage commun qui nous aide à faire comprendre plus facilement ce que nous voulons transmettre, en un nombre de mots réduits, pour que l’histoire gagne en force et en intensité. Pour ce faire, les raconteurs d’histoires utilisent des tropes, consciemment ou non. Ils maîtrisent ce langage, de manière instinctive ou après l’avoir longuement étudié.

Est-ce bien ou mal ?

Les tropes sont juste des outils. Les écrivains — et tous les raconteurs d’histoire — les comprennent et les manient pour contrôler les réactions et attentes de leurs lecteurs, soit en les employant de façon classique, soit en les détournant. Par conséquent, ils ne sont ni bons ni mauvais. C’est l’usage que l’on en fait qui peut être bon ou mauvais, comme n’importe quel outil.

Comme vu plus haut, les tropes permettent de transmettre de nombreuses choses rapidement sans avoir besoin de les expliciter longuement. Ainsi, utiliser des tropes dans un récit ne va pas le gâcher : il ne faut donc pas chercher à systématiquement les éviter (c’est de toute façon presque impossible). Mieux vaut les étudier et les connaître pour les manier avec subtilité, de façon réfléchie.

Dans tous les cas, n’importe quel trope peut être bien ou mal utilisé, qu’il soit connu ou non, usé à force d’être utilisé ou non, etc.

Quel est le rapport entre les tropes et les clichés ?

Un cliché est un élément d’un travail artistique qui est devenu tellement commun qu’il en est banal, voire ennuyeux ou agaçant.

Ainsi, la définition d’un cliché est basée sur une perception toute relative des choses. Un lecteur qui découvre pour la première fois un roman de fantasy n’y trouvera pas de clichés, alors qu’une personne qui en lit trente par an pourrait bien être lassée de trop retrouver certaines images/schémas narratifs/tournures de phrase/tropes.

Le trope, lui, comme nous l’avons vu, est avant tout un outil, un type de structure/de personnage/de façon de raconter une histoire caractérisée par certains codes. Qu’il soit utilisé souvent ou non, c’est un trope.

Les tropes

En réalité, toutes les histoires sont influencées par ce qui a existé avant et les écrivains expriment cette influence dans leur façon de raconter, volontairement ou non. Ce n’est pas parce que quelque chose a déjà été utilisé auparavant que c’est un cliché, et les récits gagnent souvent quelque chose à être liées ainsi à d’autres travaux. Cela permet en effet une meilleure appréhension grâce au symbolisme, soit une histoire mieux comprise grâce aux références communes entre l’écrivain et ses lecteurs.

Comment s’en servir ?

Il y a globalement trois façons d’exploiter un trope.

D’abord, on peut l’utiliser tel quel, pour faire en sorte que le lecteur retrouve des codes qu’il connaît et se plonge plus facilement dans l’histoire, dans l’ambiance, dans l’intrigue. Cela peut lui permettre avec une seule scène d’exposition de mieux cerner un personnage, l’univers ou les bases de l’histoire qui sont en train d’être posées, etc.

Un trope bien maîtrisé aide notamment à montrer plus qu’à dire (le fameux « show, don’t tell » de nos amis anglophones). Cela permet en effet de communiquer énormément de choses en seulement quelques mots : pas besoin de se perdre dans de trop nombreuses explications.

Ensuite, on peut également s’en servir pour donner l’impression qu’on se dirige dans une configuration d’intrigue ou une résolution bien connue, pour finalement partir ailleurs. C’est une des techniques qui fonctionnent le mieux pour surprendre ses lecteurs. Personnellement, je ne compte plus le nombre de fois où je me suis dit « Oh non ! Sérieusement ? Encore le coup du [remplacer par le trope de votre choix] » et où je me suis royalement fait avoir par un joli retournement de situation !

Enfin, on peut décider de les utiliser sans subtilité pour les parodies et les satires. Récemment, j’ai regardé Not another teenage movie, qui caricature les romances lycéennes et qui illustre parfaitement ce cas de figure. Le scénario reprend tous les tropes de ce genre de films et les tourne au ridicule, les accentue, les pousse à l’extrême. Dans le même genre, on peut également citer les Scary Movie.

Exemples avec Harry Potter

Pour illustrer tout cela, prenons une œuvre connue et tirons-en cinq exemples de tropes, qu’ils soient de structure, de personnage, etc.

1. Parents abusifs

Il s’agit de parents tellement abîmés eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas remplir leur rôle correctement, ou tellement mauvais qu’ils n’ont jamais eu l’intention de remplir leur rôle de toute façon. Il peut également s’agir de parents qui utilisent plutôt leurs enfants comme le moyen d’obtenir quelque chose.

2. N’importe qui peut mourir

La plupart du temps, une fois que vous avez repéré qui sont les personnages principaux d’une histoire, vous savez que ceux-là vont survivre jusqu’à la fin. Pas avec ce trope.

3. The Chosen One

Il s’agit d’un personnage qui a été choisi par quelque chose, une force, et qui est maintenant le seul à pouvoir résoudre l’intrigue. Ce qui est notable dans Harry Potter, c’est que ce n’est pas la prophétie, mais Voldemort lui-même qui a choisi Harry.

4. Early-birds Cameo

Il s’agit d’un procédé dans lequel les personnages apparaissent dans le « fond » avant leur réelle introduction comme personnage clé de l’histoire. Dans le cas d’Harry Potter, il y a de nombreux élèves dans ce cas, mais aussi la voisine des Dursleys, Mrs Figg.

5. Naive newcomer

Un Naive newcomer est un personnage inexpérimenté dans l’univers présenté, qui peut ainsi se comporter comme les lecteurs qui s’interrogent. C’est par ses yeux que les lecteurs vont pouvoir découvrir peu à peu les personnages et les spécificités de l’univers.

Conclusion

Si ça t’intéresse, tu peux aller fouiller sur le site de TV Tropes pour creuser le sujet. On peut vite se perdre tant il y a de choses à découvrir, mais c’est une incroyable mine d’informations. Sinon, si tu veux, j’en publie un par jour (ou presque) sur mon compte Instagram, selon des thématiques précises.

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