Le solarpunk

décembre 26, 2019 5 minutes 10 Commentaires

Le solarpunk

décembre 26, 2019 5 minutes 10 Commentaires
Illustration de Vincent Callebaut

Illustration d’en-tête de Vincent Callebaut.

Hello !

Il y a peu de temps, au détour d’un partage de lien sur Twitter, je suis tombée sur un article qui parlait du solarpunk. Je suis allée y jeter un œil, intriguée, et ça m’a tout de suite touchée !

Cet article ne proposera pas de techniques ou de conseils d’écriture à proprement parler, mais parlera d’un thème qui me tient à cœur. J’y reviendrai dans un second temps, commençons d’abord par une présentation de ce qu’est le solarpunk !

Le solarpunk, qu’est-ce que c’est ?

Le solarpunk vient d’une réaction aux nombreux problèmes auxquels nous devons faire face de nos jours. Il se tourne vers un futur brillant (solar) tout en se coupant délibérément des systèmes qui empêchent ce futur de se réaliser (punk).

C’est un mouvement qui encourage les visions optimistes du futur, basées sur les problèmes environnementaux actuels, comme le changement climatique ou la pollution, ou encore l’inégalité sociale. Il est présent dans de nombreux médias : littérature, art, architecture, mode, musique, jeux…

On se concentre ici sur la résolution des problèmes grâce aux énergies renouvelables, ainsi qu’aux technologies nouvelles dans leur ensemble, pour imaginer un futur positif pour l’humanité. Il prend également en compte les moyens de réduire les émissions de carbone.

En littérature, c’est un genre de fiction spéculative qui se concentre aussi sur l’artisanat et la communauté. On y imagine un monde libre et égalitaire.

Le solarpunk tend enfin à présenter un haut niveau de conscience culturelle, d’égalité des genres, d’expression personnelle et un art omniprésent. Les futurs imaginés sont proches ou lointains, avec des éléments de science-fiction réalistes. C’est souvent le mariage de la nature et de la technologie qui permet une vision si utopique.

Un mouvement qui fait du bien…

Depuis les années 2000, on a pu assister à l’émergence de nombreuses œuvres présentant un futur ravagé par la guerre, le totalitarisme, le développement d’une technologie meurtrière, des virus tueurs, des zombies, des effondrements environnementaux… Naturellement, ces histoires sont nécessaires : au mieux, elles permettent même une prise de conscience chez ceux qui pensent que tout va bien dans le meilleur des mondes. Elles amènent à se poser des questions sur notre vie actuelle, nos réflexes, la nature humaine…

Le problème, c’est que si ces œuvres sont les seules visions d’un futur potentiel à être proposées, elles ne feront que nous plonger dans le désespoir et le cynisme menant à croire que toutes les crises sont insurmontables. C’est pourquoi le solarpunk est d’une grande valeur. C’est une révolte de l’espoir face au désespoir. C’est une révolution contre le pessimisme ambiant des futurs possibles les plus représentés actuellement.

L’idée n’est pas de remplacer ce pessimisme par un optimisme dégoulinant. Il s’agit de préférer mettre en avant le potentiel positif présent dans chaque mauvaise situation, avec un espoir prudent, mais sûr. C’est croire que l’apocalypse (la révélation) contiendra aussi les graines pour quelque chose de mieux, de plus écologique, libératoire, égalitaire et vibrant. Nous devons juste travailler dur pour cultiver ces graines.

Au-delà du fait que c’est un sous-genre de la science-fiction ou de la fantasy, c’est aussi une vision pratique qui permettra peut-être d’amener les choses imaginées dans le monde réel.

Le solarpunk

Le solarpunk veut rejeter l’idée que le futur doit forcément être sombre, ou du moins sombre pour la majeure partie de l’humanité et de la vie en général.

Les histoires solarpunk ont tendance à présenter des personnages issus de groupes actuellement opprimés ou marginalisés, qui vivent plus librement, égalitairement et inclusivement que de nos jours. Ces personnages explorent un monde exotique de transformation des corps, du genre, de nouvelles formes de technologies… Ils doivent parfois gérer les frictions avec les restes de l’Ancien Monde.

En conclusion, il s’agit d’imaginer un monde où chacun aimerait vivre, plutôt qu’un monde dont personne ne veut.

Wall E, La Planète au Trésor et Zootopia sont des œuvres qui pourraient s’inscrire dans le solarpunk. Dans Wall E, à la fin, les hommes apprennent à construire une société durable, respectueuse de la planète. Dans la Planète au Trésor, les vaisseaux sont propulsés par des voiles solaires. Dans Zootopia, toute la ville est construite sur un modèle d’architecture intégré à un environnement donné.

Pourquoi cela me parle ?

Parce que je suis convaincue depuis quelque temps déjà que nous avons besoin de plus d’histoires se déroulant dans un futur enviable. C’était d’ailleurs le sujet de mon roman Le Papillon céleste, qui a participé à un concours sur Fyctia cet été. Présenter des futurs enviables pour qu’ils puissent commencer à se réaliser.

Je crois sincèrement que nous définissons par nos idées et nos actions le futur qui nous attend. Nous l’influençons déjà. En n’imaginant, en ne visualisant que des avenirs sombres, comment réussir à en construire un lumineux ?

On dit fréquemment « Aldous Huxley avait raison, avec Le Meilleur des mondes, il a tout deviné à l’avance ! »… Et si on avait tout laissé arriver parce que dès le début, on avait donné plus de crédit à cette vision de futur qu’à toutes les autres ? Et si le solarpunk avait déjà existé à l’époque ?

Ça me fait penser aussi qu’on oublie trop souvent qu’on est noyé par un flot ininterrompu de mauvaises nouvelles, qui nous confortent dans l’idée que tout va mal et que l’avenir sera forcément sombre à moins d’un miracle… Alors qu’en allant chercher les bonnes nouvelles, on peut se rendre compte qu’il y a des étincelles un peu partout, qui pourraient bien un jour ou l’autre nous faire basculer dans un futur bien plus lumineux !

Alors pour moi, le solarpunk est un courant littéraire nécessaire. J’en étais convaincue et je suis heureuse que ce mouvement existe déjà et qu’il ait un nom. Clairement, en 2020, je veux travailler sur un projet qui s’inscrit dans ce genre.

Conclusion

Tout ça rejoint un peu les quelques réflexions que j’avais présentées dans un article précédent, où je te parlais de l’importance de raconter de belles histoires.

Cela me conforte dans l’idée que la littérature peut être engagée avec bienveillance et positivisme, qu’elle peut apporter de la lumière et aider à amener un futur meilleur ! Et que, par conséquent… Nous sommes porteurs d’une grande responsabilité et d’un grand pouvoir…

10 Commentaires

  • Jinhy décembre 27, 2019 at 8:29

    Merci pour ce bel article qui parle d’un thème que je ne connaissais pas et qui est pourtant le genre dans lequel je me plaîs le mieux. Je suis d’accord avec toi que le monde à besoin de belles histoires pour imaginer un futur meilleur.

    • Tiphaine - Suis l'Élan décembre 28, 2019 at 3:12

      Merci pour ton commentaire ! Je suis contente de rencontrer du monde qui partage mon opinion ! Si tu as des histoires dans ce genre à conseiller, n’hésite pas !

      • Jinhy décembre 29, 2019 at 9:20

        Hélas non, si j’en écris c’est parce que je n’ai jamais lu de texte de ce genre

  • Joséphine décembre 27, 2019 at 9:11

    Je n’avais pas entendu parler du solarpunk… Où peut-on lire “Le papillon céleste”? As-tu d’autres conseils lectures ?

  • Boris Paing mars 8, 2020 at 1:59

    “on oublie trop souvent qu’on est noyé par un flot ininterrompu de mauvaises nouvelles”

    Pour remplacer les mauvaises nouvelles par des bonnes, je t’invite à t’intéresser au réseau social ScuttleButt, qui d’ailleurs, par son architecture, s’inscrit totalement dans une vision SolarPunk :

    https://www.youtube.com/watch?v=JSWWkzsHhjk

  • Wilk mars 8, 2020 at 7:36

    Salut !

    Je découvre ton blog avec cet article. Cela fait un moment que le solarpunk me trotte dans la tête et j’ai décidé de sauter le pas et créer un blog à ce sujet. Construire collectivement quelque chose de beau qui sort de nos têtes, c’est un projet qui me tient à cœur. À l’heure du cynisme, l’optimisme est punk, définitivement ! Je vais parcourir un peu ton blog, je pense qu’il m’apprendra pas mal de choses sur le blogging et l’écriture en général.

    Si tu es intéressée par l’idée de monter un collectif francophone autour du solarpunk / de créer un hashtag / autres, enfin, toute idée qui permettrait de rassembler les personnes francophones qui s’intéressent à ce mouvement et d’en maximiser la visibilité, n’hésite pas à prendre contact avec moi !

    Merci pour ton article en tout cas ! J’en profite pour glisser quelques conseils de lecture plus ou moins solarpunk : Les Furtifs d’Alain Damasio, L’alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia, qui existent en français ; sinon, les anthologies Solarpunk Summers, Sunvault ou encore Wings of Removal parmi d’autres, qui n’existent pour le moment qu’en anglais 🙁 (mais au moins elles existent!)

    • Tiphaine - Suis l'Élan mars 10, 2020 at 10:38

      Merci beaucoup pour ton commentaire, je note les références de lecture ! Je suis très intéresséée par un collectif francophone ou un hashtag ou quelque chose du genre, ça serait chouette qu’on prenne le temps d’en parler 🙂 Pour le moment, je n’ai pas encore lancé de projet qui s’inscrirait dans ce genre, c’est seulement à l’état d’idées, mais ça travaille tout doucement en arrière-plan dans mon esprit ! Je vais te suivre sur Twitter et je note ton adresse e-mail !

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