De l’intérêt d’écrire de jolies histoires

février 14, 2019 5 minutes 2 Commentaires

De l’intérêt d’écrire de jolies histoires

février 14, 2019 5 minutes 2 Commentaires
De l'intérêt d'écrire de jolies histoires

Normalement, j’avais prévu d’écrire cette semaine deux articles sur les valeurs et leur intérêt pour l’écriture, mais la fatigue et la poussée dentaire de mon fils ont eu raison de moi…

Pourtant, j’ai assuré lundi dernier qu’il y aurait bien un article en rapport avec l’écriture cette semaine et je me suis retrouvée ce soir à chercher une idée, allongée dans le lit avec mon fils endormi sur moi.

En laissant vagabonder mon esprit, j’ai repensé à ce que j’avais fait cette semaine, côté écriture. Outre le temps passé sur mon roman en cours, j’ai eu un gros travail d’imagination pour trouver des idées de petites histoires “feel good” toutes simples mais porteuses de grands messages d’espoir.

Et j’ai trouvé de quoi j’allais parler dans cet article.

Qu’est-ce que j’appelle une jolie histoire ?

Pour moi, une jolie histoire, c’est une histoire qui donne le sourire, qui nous aide à nous sentir mieux, qui nous redonne espoir. Elle finit bien et les péripéties ne sont pas forcément intenses, mais sa lecture nous procure un joli sentiment de bien être.

Ça ne veut pas dire que tu ne peux pas y glisser de messages plein de sens. Au contraire même ! Personnellement, c’est comme ça que je procède pour Un soir, une histoire.

Le ton y est léger, les personnages sont de jeunes enfants, mais j’aborde des thématiques importantes à mes yeux (les décharges sauvages, la pollution des océans…) Je veille à laisser une jolie part de rêve et d’espoir dans chacune de ses histoires, et j’ose croire que ça fait du bien.

Une jolie histoire te donne envie de vivre mieux et autrement. De croire en tes rêves, de te faire confiance, …

Quel est l’intérêt ?

Ça change des dystopies ou des histoires d’anticipation qui proposent une version bien sombre et désespérante du présent ou d’un futur plus ou moins proche.

J’aime aussi ce genre d’œuvres, je prend plaisir à en lire et à en visionner, mais je trouve qu’on en voit trop. En termes de science-fiction, dans les séries à la mode en ce moment par exemple, on trouve beaucoup de vision pessimiste.

Ces séries apportent un point de vue intéressant, elles critiquent et soulignent certains aspects de notre monde actuel qui ont besoin de l’être. Elles posent aussi de bonnes questions aussi et traitent de sujet difficiles. Je pense qu’elles permettent de se questionner sur beaucoup de thèmes et c’est une bonne chose.

Pourtant, ce qui est dommage, c’est que du coup, cela nous amène à inconsciemment projeter dans le futur un avenir néfaste. En étant sûr que l’avenir sera sombre, nous attirons en effet une vie pas très heureuse. À force de voir comment les choses pourront tourner mal (et il y a en effet mille et une façons), nous oublions d’imaginer comment elles pourraient tourner bien.

Écrire de jolies histoires qui finissent bien, qui sont pleines de sens et qui sont porteuses d’espoir, c’est :
– bon pour ton moral,
– bon pour le moral de tes lecteurs.
– bon pour l’avenir.

Bon pour l’avenir parce que c’est bien aussi, finalement, d’imaginer qu’un beau futur est possible.

La difficulté à écrire une jolie histoire

La difficulté majeure dans l’idée d’écrire une jolie histoire où il ne se passe rien de vraiment négatif, et qui finit bien, c’est qu’on peut vite avoir peur que du coup, il ne se passe rien tout court.

En ce qui me concerne, je trouve que c’est un exercice complexe. J’ai bien plus de facilités à écrire une nouvelle qui se termine mal ou à imaginer une utopie faillible que l’inverse.

Je m’étais rendue compte de cela déjà quand j’avais répondu à un appel à textes. Il fallait présenter une utopie qui fonctionne dans une nouvelle.

Mais si une utopie fonctionne vraiment, où se trouve l’élément perturbateur ? (Et en plus, la nouvelle devait bien se terminer…)

Autre difficulté importante : réussir à écrire de jolies histoires qui traitent de thèmes graves ou qui transmettent des valeurs qui te sont chères.

Je m’y essaie avec Un soir, une histoire, et également dans mon ebook de saison. Je pense que jusque là je m’en sors plutôt bien, en utilisant des univers féérico-lutino-magique. Et je finis toujours sur une note d’espoir (j’essaie même d’en glisser tout au long du texte).

Par exemple, dans Les Monstres de la mousse, la toute première histoire de Un soir, une histoire, mon héroïne découvrait l’existence d’une décharge sauvage dans la forêt près de chez elle. Elle réalisait alors que les monstres de la mousse étaient des lutins envoyés par le roi de la forêt pour défendre la nature. Ce dernier était un immense cerf noir, et parmi ses sujets, on trouvait aussi bien des gnomes et des fées que des renards et des blaireaux.

À la fin, la décharge était nettoyée et tous les adultes de la ville mettaient en place des mesures pour globalement réduire leur impact écologique. Le message est clair, sans fioriture, et la magie est bien présente, ce qui laisse une large place pour le rêve et la poésie.

De l'intérêt d'écrire de jolies histoires

Un chouette moyen de partager des valeurs

Voilà, j’aborde brièvement le sujet des valeurs quand même, parce qu’il me tient à cœur =) Je l’ai déjà écrit plus haut d’ailleurs : les jolies histoires sont top pour communiquer autour de valeurs qui te sont chères.

Moi, par exemple, j’aime mettre en valeur la bienveillance, la coopération, l’empathie et l’espoir. Il y en a un peu dans chacune de mes petites histoires.

Et je ne me prend pas le chou à faire d’obscures métaphores : les jolies histoires doivent être simples et accessibles au plus grand nombre (selon moi !). D’ailleurs, ça rajoute une autre difficulté : réussir à avoir plusieurs niveaux de lectures !

Mes intrigues sont simples, mes personnages n’ont pas de défauts majeurs ou de vices cachés, car ce n’est pas le but. Très certainement, le lecteur est moins surpris par la fin. Ce n’est pas grave, je pense que pour ce type d’histoire, ce n’est pas le but non plus.

Le but, c’est que le lecteur soit émerveillé par le déroulement et qu’il se sente bien à la fin. Si en plus, ça lui donne matière à réfléchir ou si ça le motive à changer les choses, c’est encore mieux !

Et toi, tu aimes écrire ou lire de jolies histoires de ce genre ?

2 Commentaires

  • Elodie mars 8, 2019 at 7:47

    Voilà un sujet délicat…La nature humaine nous pousse à nous intéresser aux faits divers sordides et à la sinistrose dans sa globalité. Pourtant, nous n’avons jamais été autant en besoin d’optimisme, à part sans doute dans les temps de guerre. Je suis d’accord avec toi concernant l’importance de partager et propager du positif. Même si ces histoires semblent parfois creuses et réservées aux enfants pour les endormir paisiblement, les adultes auraient tout intérêt à creuser pour s’imprégner d’idées bienveillantes et feel good. Le problème? Il n’y a qu’à regarder les unes de magazines et journaux pour s’en rendre compte, l’apocalypse se vend mieux que le bonheur…Je ne sais pas si je serais capable d’écrire une histoire avec une fin vraiment malheureuse, je suis plutôt adepte des happy ends! Mais qui sait…Je céderai peut être à la tentation un jour! Merci pour cet article qui donne à réfléchir 😊

    • Tiphaine - Suis l'Élan mars 13, 2019 at 12:12

      Je ne connais pas l’auteur de cette citation, ni même les termes exactes, mais ça disait que l’excuse de la nature humaine, c’était justement une excuse pour ne pas avoir à changer quoi que ce soit 🙂 dans l’idée, j’ai énormément aimé ! Parce que la nature humaine sert à justifier trop de choses moches, hélas 🙂 Alors que c’est faux ! La nature humaine, celle qui est innée, je la vois en regardant mon fils, c’est de la générosité et du partage non stop ^^

      Mais pour revenir au sujet principal ^^ : une jolie histoire n’est pas forcément creuse et simpliste. Ça demande plus d’efforts quand on est pas habitué à cet exercice, mais on peut écrire de très longues et passionnantes histoires sans avoir besoin d’imaginer un futur sordide ou un monde sombre et dur. Après, quant au fait que ça se vende moins bien… C’est possible, mais tant pis, j’en prend mon parti (de toute façon, j’écris aussi des histoires qui se terminent mal, il suffit d’aller voir mon défi Bradbury ^^’).

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