14 tropes “always female”

janvier 9, 2020 13 minutes Aucun commentaire

14 tropes “always female”

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Tropes always female

Hello !

Il y a quelques semaines, je te présentais le concept de tropes dans un article. Aujourd’hui, pour étayer un peu mieux le propos, je te propose de découvrir 14 tropes « always female » !

NB : dans cet article, tous les noms de tropes sont en italique.

Qu’est-ce qu’un trope « always female » ?

C’est un sous-genre des tropes de personnages. Concrètement, l’utilisation d’un personnage pour raconter une histoire est un type de construction narrative, il s’agit donc d’un trope omniprésent (ou presque).

Avec cet article, je veux te proposer d’aborder la question du genre dans tes histoires. En effet, certains types de personnages sont des femmes dans 90 % des cas : c’est ce qu’on appelle « always female ».

Il est intéressant d’étudier les tropes pour s’en servir avec justesse ou au contraire réussir à s’en éloigner, à les prendre à l’envers. Je pense que de nos jours, alors qu’on s’efforce de se sortir des clichés et des codes imposés par notre société, il est intéressant de prendre conscience des rôles qu’on attribue presque toujours à des femmes et de ceux qu’on attribue presque toujours à des hommes.

Il existe des dizaines de tropes « always female », j’ai donc effectué un choix totalement arbitraire, et il n’est pas impossible que je reprenne ce thème plus tard. Pour le moment, j’ai envie de te proposer un tour d’horizon de ce qui peut exister !

L’Action Girl

Pour résumer brièvement, il s’agit d’une femme dure à cuir, solide et coriace, et qui botte des arrière-trains. Elle affronte des ennemis dangereux, des pièges mortels et, surtout, elle gagne. Rien à voir avec la Demoiselle en Détresse (que tu trouveras plus bas) !

Pendant longtemps dans de nombreuses cultures, le Double Standard (différence de traitement, le plus souvent en fonction du genre) a fait que pour l’action et le combat, les hommes étaient définitivement plus nombreux que les femmes. L’Action Girl était alors une subversion de ce qui était acceptable dans une histoire et dans la vraie vie.

Petit à petit, l’évolution de la société a fait que l’Action Girl est devenue une norme plus qu’une exception dans de nombreuses histoires.

Le concept d’Action Girl peut prendre plusieurs formes :

  • Faux Action Girl : une Action Girl sur le papier, mais qui en réalité n’est jamais vue en train d’en être une, qui a plus tendance à ne rien faire d’héroïque ou de badass ;
  • Dark Action Girl : une Action Girl antagoniste, du côté obscur, en quelques sortes ;
  • Affirmative Action Girl : un personnage féminin ajouté à une nouvelle saison, une suite, une série dérivée ou une séquelle, pour équilibrer la balance des sexes (seulement s’il y a déjà une autre femme, sinon, c’est le Smurfette Principle (quand il n’y a que des hommes et UNE seule femme).

Il s’agit d’un super-trope, c’est-à-dire qu’il se décline en une multitude de tropes. En voici quelques-uns dont le nom parle pour lui-même : Action Mom, Badass Driver, Jungle Princess, Little Miss Badass

Voici quelques exemples d’Action Girl : Audrey Ramirez (la mécano d’Atlantis : l’Empire perdu de Disney), Merida (Rebelle), Tigresse et Vipère (Kung-Fu Panda), Selene (Underworld), Hit-Girl (Kick-Ass), Eowyn (Le Seigneur des Anneaux), Imperator Furiosa (Mad Max : Fury Road)…

L’Alpha Bitch

Si elle ne t’aime pas, personne ne t’aime. Elle est souvent l’antagoniste des Teen Drama et la petite amie du Jerk Jock (rôle masculin qui domine tout le lycée/université par la violence et la menace). Elle utilise sa langue acérée et la manipulation pour arriver à ses fins. Elle est généralement accompagnée d’une ou plusieurs Girl Posse, qui la suivent et la soutiennent dans toutes ses actions.

Tous les avantages dont elle jouit (une bonne famille, un bon physique…) font qu’elle pense pouvoir faire ce qu’elle veut sans qu’il y ait aucune conséquence (et elle a bien souvent raison). Son ennemi naturel est la Cool Loser (le nom parle de lui-même !)

Si le personnage est appelé à évoluer, elle pourra devenir :

  • Defrosting Ice Queen : elle est toujours l’Ice Queen, froide, réservée, qui ne laisse rien passer… mais quelque chose ou quelqu’un a su toucher son cœur et elle a un peu lâché de leste ;
  • Spoiled Sweet : elle a toujours tout ce qu’elle peut souhaiter avoir, mais elle s’est attendrie et est devenue quelqu’un de bien ;
  • Lovable Alpha Bitch : une fois qu’on apprend à connaître l’Alpha Bitch, on se rend compte qu’elle n’est pas si mauvaise…

Quelques exemples : Cheryl Blossom et Veronica Lodge, avant le début de la série (Riverdale), Caroline Forbes (Vampires Diaries)…

The Chick

Elle est l’aspect « féminin », « spirituel » et le « cœur » d’un groupe de personnages, et généralement la seule femme.

Ce sont les gens qu’elle rassemble et garde auprès d’elle qui vont accomplir le plus gros du travail. Elle encourage la loyauté et le travail d’équipe, elle leur donne du courage ou de l’espoir pour qu’ils débloquent leur véritable potentiel. Elle est toujours là pour les empêcher de basculer. Elle est très souvent « une chic fille », mais en réalité, elle peut avoir n’importe quel type de caractère.

Elle tiendra souvent le rôle de Heart (Cœur) dans le groupe, c’est-à-dire la personne chargée de l’aspect social du groupe. Parfois, cela veut dire qu’elle jouera le rôle de Team Mom (Maman de l’équipe), en gérant les petits détails pour le groupe et le reste du monde… Ce n’est pas le boulot le plus sympa du monde, mais il est utile.

The Chick est une version de The Heart qui ne se retrouve que dans une dynamique de groupe appelée Five-Man Band, où chaque personnage tient un rôle bien précis. C’est alors exclusivement une femme.

Le trope The Heart, lui, peut être homme ou femme.

Quelques exemples connus : Leia Skywalker et Padme Amidala, qui sont à la fois Action Girl et Chick (Star Wars), Princesse Peach (Marios Bros), Sailor Moon, en plus d’être The Messiah (Sailor Moon), Katara (The Last Airbender), Nami (One Piece).

Always female

Damsel in Distress

Il s’agit d’un personnage féminin qui est aussitôt mis en danger pour mettre en action le reste des personnages. Cette situation critique unit tout le monde, les poussant à mettre de côté leurs différences et à travailler ensemble pour la sauver.

La nature de la détresse varie. La classique Damsel in Distress est kidnappée ou capturée et enfermée quelque part, attendant qu’on vienne à son secours et craignant pour sa vie ou sa vertu. Elle peut aussi être perdue ou coincée dans un territoire hostile, piégée, ou souffrant des affres d’un terrible destin et elle a besoin d’aide pour survivre.

Ce trope fonctionne bien si on comprend l’intérêt de tout mettre en œuvre pour sauver ce personnage. Sinon on ne comprend pas pourquoi tout le monde se mobilise à ce point, c’est un échec. Certaines Damsel in Distress sont si ennuyantes que finalement, on finit par se ficher qu’elle meurt ou non.

C’est un trope qui peut être un piège pour un personnage qui est normalement une Action Heroine, si cette dernière se retrouve soudainement faible et incapable de quoi que ce soit et que cela n’est pas proprement justifié.

Une façon de dynamiser ce trope est de donner quelque chose à faire à la Damsel in Distress en attendant que les secours arrivent.

Exemples connus : Ginny Weasley, Hermione Granger (Harry Potter et la Chambre des Secrets), Bella Swan (Twilight), Lana Lang (Smallville), Pikachu (Pokémon).

Decoy Damsel

En apparence une Damsel in Distress, elle demande de l’aide aux protagonistes : son village a été attaqué, elle est forcée à faire quelque chose, un proche est en danger… Et les protagonistes font tout pour l’aider ! Sauf que… C’était un mensonge, un leurre, un piège. La Decoy Damsel n’était pas du tout en détresse, elle manipulait tout et les protagonistes se sont fait avoir.

Souvent, la Decoy Damsel joue les Damsel in Distress en utilisant l’héroïsme des protagonistes, ou en les charmant. Il s’agit d’un trope qui est systématiquement féminin. Parfois, elle ne fait que servir les desseins de quelqu’un au-dessus d’elle, son compagnon, un monstre, un supérieur…

Quelques exemples connus : Meg (Hercule), Milady De Winter (Les Trois Mousquetaires), Claudia (Entretien avec un vampire), Elsa (Indiania Jones et la Dernière croisade).

Genki Girl

La Genki Girl est un personnage qui possède une quantité surhumaine d’énergie : elle court partout, elle fait toujours tout, très vite (c’est souvent une lycéenne, mais pas toujours).

Elle est pleine de confiance et de détermination, peu importe qu’elle soit compétente ou non. Elle sert souvent à apporter de la légèreté et un peu d’humour, même s’il lui arrive de ralentir un peu pour un moment de sérieux ou d’introspection.

Souvent, son entourage est fatigué ou épuisé par son débordement d’énergie. Elle aime souvent donner des surnoms aux autres, c’est une grande pipelette. Elle peut décider de tout faire pour que ses proches appréhendent la vie comme elle la voit, de manière heureuse et colorée.

Quelques exemples : Winry Rockbell (Fullmetal Alchemist), Agnès (Moi, moche et méchant), Dory (Le Monde de Némo), Raiponce (Raiponce), Charlotte (La Princesse et la Grenouille), …

The Ditz

The Ditz est un personnage qui est défini avec toute chose par sa profonde stupidité ou son originalité. Souvent douce et naïve, amicale et sociable, elle est conçue pour être non intentionnellement drôle. Elle apporte un peu d’humour dans les histoires plus dramatiques.

Elle se retrouve rarement en danger, et si c’est le cas, la chance intervient souvent pour la sauver sans soucis, bien que des histoires plus sombres tendent à ne pas être tendres avec elle.

La raison pour laquelle on la retrouve si souvent est qu’elle donne à l’audience/aux lecteurs un personnage duquel on peut se sentir supérieur. Peu importe à quel point on est stupide, on est quand même plus intelligent que la Ditz.

Dans des cas extrêmes, elle peut mourir de sa stupidité (on retrouve le trope « Too Dumb to Live », trop stupide pour vivre), ou bien d’autres personnages peuvent mourir à cause de sa stupidité (on retrouve alors le trope « Lethally Stupid », mortellement stupide).

Quelques exemples : Hanna (Pretty Little Liars), Brittany (Daria), Lola Bunny (The Looney Tunes), Dory (Le Monde de Nemo)…

The Haunted Heroine

Il s’agit d’un personnage féminin hanté aussi bien par son passé que par les événements mystérieux qui surviennent tout autour d’elle.

C’est un personnage récurrent des films impliquant des fantômes ou des personnages surnaturels. Elle déménage dans des endroits hantés sans aucune idée de ce qui l’y attend.

Tout va bien jusqu’à ce que le bruit étrange au grenier la réveille la nuit ou que l’effrayant gardien fasse des commentaires cryptiques.

Ou encore, son enfant commence à parler d’un ami imaginaire, qui n’est peut-être pas seulement imaginaire après tout, car la Haunted Heroine est souvent « équipée » d’un enfant ou d’un•e jeune frère ou sœur. C’est inévitablement le jeune enfant qui est le premier à remarquer qu’il se passe quelque chose de surnaturel, sans doute parce que les enfants sont supposés avoir plus d’imagination.

Après cela, la Haunted Heroine en apparence parfaite et normale révèle peu à peu des névroses, des phobies, des traumatismes passés. Peu importe, il y a toujours à un moment donné la suggestion qu’elle soit en train de tout imaginer à cause de ses problèmes. Souvent, personne ne la croit et elle prend les choses en main quand ses enfants sont menacés.

Quelques exemples : Grace (Les Autres), Laura (L’Orphelinat), toutes les héroïnes principales des différentes versions de The Ring, Yoshimi et Dahlia (Dark Water, version japonaise et américaine)…

Hero’s Muse

Les héros masculins qui partent en quête sont communs. Parfois, la motivation du héros à poursuivre cette quête vient d’une sorte de femme idéalisée. Il est courant que cette femme soit aussi le Love interest du héros, et il a pour objectif de devenir capable de l’épouser. Son amour pour elle est pur et fort et lui permet de surmonter toutes les tentations qu’il rencontre sur son chemin.

La Hero’s Muse en elle-même occupe un rôle important : c’est une déesse, une sainte, une reine, une princesse ou quelque chose de similaire. Généralement, elle est pure, parfois au point d’être inatteignable. Si elle n’est pas mariée, elle est chaste.

Elle peut être celle qui donne au héros sa quête, et il ne revient auprès d’elle qu’une fois couronné de succès. Elle va et vient sur le chemin du héros, lui rappelant sa présence, mais restant hors d’atteinte. Occasionnellement, elle est à ses côtés tout du long, servant de rappel et inspirant le héros à persévérer. Dans tous les cas, elle donne souvent des conseils au héros, même si ces conseils sont plutôt cryptiques.

C’est un trope particulièrement courant dans les œuvres du Moyen-Âge et de la Renaissance ; il est fortement rattaché au concept d’Amour Courtois.

Quelques exemples : Arwen (Le Seigneur des Anneaux), Pénélope (L’Odyssée), Princesse Yue (The Last Airbender), Guenièvre (Cycle Arthurien),…

The Ingenue

Il s’agit d’une jeune femme vierge, avec la pureté d’une enfant. Elle est gentille, d’une nature douce, polie et optimiste, idéaliste. Son innocence inspire souvent des sentiments protecteurs chez les personnages héroïques, et elle fait fréquemment partie des personnages dotés d’une grande beauté.

Malheureusement, son innocence fait souvent d’elle une proie naïve, et donc une cible de choix pour les antagonistes qui veulent profiter d’elle. Résultat : c’est l’une des plus communes Damsel in Distress.

L’Ingénue est ce qu’on appelle un Stock Character, c’est-à-dire un personnage reconnaissable instantanément grâce aux autres histoires qu’on connaît déjà. On peut résumer leur rôle dans une histoire en une seule phrase et tout le monde saura exactement de quel type de personnage on parle.

Quelques exemples : Giselle (Enchantée), Raiponce (Raiponce), Jane Bennet (Orgueil et préjugés), Cosette (Les Misérables)…

Trois dynamiques féminines

Pour compléter un peu ces tropes de personnages, je te propose de découvrir également trois tropes de dynamiques entre personnages exclusivement féminins.

The Three Faces of Eve

Il s’agit d’un trio de personnages féminins : la stable et sage Wife (Femme), la sensuelle, souvent prédatrice Seductress (Séductrice) et l’innocente Child (Enfant).

La Wife est la personnalité la plus calme et la plus fiable. C’est quelqu’un avec qui on peut construire une vie posée, une routine calme. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle est maternelle. La Seductress est passionnée, sexuellement expérimentée et indépendante. La Child (qui n’a pas à être littéralement une enfant) et innocente, douce et gentille.

Les trois personnages sont considérés comme étant très féminins (l’Enfant représente une féminité très lumineuse, la Séductrice, une féminité plus sombre et la Femme se situant entre les deux).

Quelques exemples : les sœurs Kisugi (Cat’s Eye), Esme, Rosalie et Alice Cullen (Twilight), Rachel, Phœbe et Monica (Friends), Azula, Ty Lee et Mai (Avatar : The Last Airbender)…

Four-Girl Ensemble

Il s’agit d’un ensemble de personnages féminins bien typique : une fille douce et naïve (souvent une Ditz), une fille garçon-manqué, une fille sexy, et une fille avec une admirable force de caractère, souvent la narratrice et celle qui maintient le groupe.

On trouve ce groupe de personnages dans les histoires se passant au collège/lycée/université.

Quelques exemples : Sailor Mercure, Mars, Jupiter et Vénus (Sailor Moon), Sakura, Ino, Hinata et Tenten (Naruto), Leah, Rachel, Zilpah et Bilhah (La Tente rouge), Susan, Lynette, Gabrielle et Bree (Desperate Housewives),…

Beauty, Brains and Brawn

Il s’agit d’un groupe de trois personnages féminins : l’une est coriace (Brawn), l’autre est intelligente (Brains) et la dernière est jolie, populaire et/ou féminine (Beauty).

Souvent, pour que Beauty ait son utilité également, elle est aussi la Team Mom, ou en tout cas une médiatrice entre les disputes qui opposent souvent les deux autres. Dans d’autres cas, elle est celle qui est sociable et empathique, là où les capacités de Brains la rendent socialement étrange ou inapte.

Ce trope est souvent combiné avec un trope de code-couleur : Brains est brune, Brawn est rousse et Beauty est blonde.

Quelques exemples : Natalie, Dylan et Alex (Charlie’s Angels), Margo, Edith et Agnes (Moi, moche et méchant), Catelyn, Sansa et Arya Stark (Le Trône de fer), Margot, Lara Jean et Kitty (À tous les garçons que j’ai aimés), Elena, Bonnie et Caroline (The Vampire Diaries), Sam, Alex et Clover (Totally Spies)…

Conclusion

Alors, est-ce que tu as déjà toi-même utilisé l’un de ces tropes dans tes histoires ?

Si tu veux en découvrir d’autres et que tu maîtrises bien l’anglais, je t’invite à te rendre sur Tropes TV ! Moi, je reviens bientôt avec un article sur les tropes « always male ». D’ici là, je te souhaite une belle continuation !

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